HISTORIQUE DE LA COMMUNE DE YAGOUA

1.  Localisation de la commune : Situation géographique

            Créée par décret n°60/83 du 31 décembre 1960 instituant les communes de moyen exercice au Nord Cameroun, la commune de Yagoua couvre une superficie de 950 km2. Elle est limitée à l’Ouest par la Commune de GUERE, au Sud par la Commune de WINA, au Sud-est par les Communes de GUERE et GOBO, à l’Est par le fleuve Logone, frontière naturelle entre le Cameroun et la République sœur du Tchad, au Nord par la commune de Vele, au Nord-Ouest par la commune de Kalfou. La Commune de Yagouaselon sa mairie est peuplée d’environ 170 000âmes et composée de quatre principaux groupes ethniques à savoir : les Massa, les Toupouri, les Kanuri et les Peulhs. Ces peuples cohabitent de manière pacifique. Le tissu économique de la Commune de Yagoua est soutenu par l’agriculture dont le riz et le coton bénéficient respectivement de l’encadrement de la SEMRY et de la SODECOTON. Yagoua est le chef-lieu du département du Mayo Danayet  est située à 211 Km de Maroua, chef-lieu de la région de l’Extrême Nord.

CARTE 1 Carte de localisation de la commune de Yagoua

2.  Description du milieu biophysique

  • Relief

Le relief de la localité de Yagoua est assez uniforme. Il se présente sous forme d’une plaine de pente négligeable appartenant au prolongement naturel de la plaine alluvionnaire du Bassin du Lac Tchad.

Sols

La pédologie de Yagoua est caractérisée par trois types de sol :

  • Les Luvisols caractérisés par une accumulation d’argileS se retrouvent dans les Plaines d’inondation des yaérés. Ces sols sont favorables à l’agriculture vivrière (sorgho ou mil, mais), à l’agriculture de rente( coton et riz) et les pâturages.
  •  Les Fluvisols sont concentrés vers le Lac Tchad, le long du cours du Logone, et l’axe Mora-Yagoua. Ils sont très favorables à la culture du riz.
  • Les Planosols caractérisés par des surfaces limoneuses, sont utilisés comme pâturage où l’on pratique également en  saison sèche le Muskuari. Ils se retrouvent généralement dans le secteur lacustre du Lac Tchad.
  •  Climat

Le climat de Yagoua est de type soudano-sahélien à deux saisons : une saison sèche de de 8 à 9 mois et une saison de pluies de 3 à 4 mois. Les précipitations y sont assez faibles avec une moyenne annuelle de 800 mm. Globalement, cette zone est soumise à un climat tropical au sens large dont les principales caractéristiques sont :

  • Une insolation importante et des températures élevées oscillant en moyenne entre 20 et 30°C;
  • Une seule saison de pluie qui va de juin à fin octobre ;

Une saison sèche d’autant plus rigoureuse et longue qui va de novembre à mai.  Toutefois le mois d’août est plus pluvieux.

Hydrographie

Nous notons la proximité du fleuve Logone et du cours d’eau « Danay » qui traverse littéralement la ville de Yagoua. Une grande partie de la plaine est périodiquement inondée par des eaux issues essentiellement des débordements du fleuve Logone.

Le processus naturel de submersion du Yaéré s’effectue en trois étapes. Au début de la saison pluvieuse (mai-juillet), les argiles qui forment l’essentiel des sols de la plaine gonflent et deviennent imperméables. Si les eaux de pluie sont abondantes, elles remplissent les mares et constituent les premières inondations dans les bas-fonds. Les apports des cours d’eau des monts Mandara (0,5 à 1 milliard de m3), très chargés en limons arrivent ensuite pour parachever cette opération. Les débordements du Logone qui apportent la masse d’eau la plus importante (3 à 4 milliards de m3) ne commencent en général qu’au début du mois de septembre. Il se crée alors une lame d’eau de 0,7 à 1,2 m qui recouvrira la plaine durant trois à quatre mois. Quand s’amorce la décrue du fleuve, une partie des eaux d’inondation y retourne suivant un mouvement de reflux, mais une bonne partie est perdue par évaporation dans la plaine alors que l’autre a rejoint le lac Tchad par l’un des principaux exutoires de la plaine que constitue l’El Béid.

  • Végétation

Sur le plan de la végétation, des analyses ont montré que les espèces végétales caractéristiques des zones inondées comme le Vetiverianigrita et Vechinochloapyramidalis, plus riches en protéines et bien appréciées des animaux – ont été remplacées par des espèces ligneuses. Cette végétation est composée principalement des mimosacées constituées des différentes variétés d’acacias, des césalpiniacées, des papilionacées, des rôniers.  C’est une végétation de steppe arborée parsemée des plantes épineuses naines et des herbes parasites. Les principales espèces florales qu’on y trouve sont le savonnier, le tamarinier, etc.

La plupart de ces espèces ont des vertus thérapeutiques et entrent dans la pharmacopée traditionnelle locale.

A ces espèces, il faut ajouter les arbres fruitiers tels que le jujubier, le manguier, etc.

  •  Faune

Elle est composée des oiseaux migrateurs, des petits gibiers tels que les écureuils et les lapins. On y peut ajouter les rongeurs, les souris et les rats qui y prolifèrent. D’autres espèces d’oiseaux y vivent également à savoir les vautours, les mage-mil, les éperviers, les pique-bœufs, les pigeons, les corbeaux, les aigles, les pintades, les hérons, etc.

La faune aquatique quant à elle regroupe les hippopotames, les varans et une grande variété des espèces de poisson : le tilapia, carpe, machoiron, silure, capitaine, etc.

Mais au-delà de cette richesse faunique, on note la menace considérable de disparition de certaines espèces du fait de la chasse, des feux de brousse et de la déforestation, voire de la rudesse du climat.